Ne cherchez pas à savoir qui est Dita Pumpkins. Comme Verlaine, faites ce rêve étrange et pénétrant d'une femme qui n'est chaque fois ni tout-à-fait la même, ni tout-à-fait une autre. «Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l'ignore. Son nom, je me souviens qu'il est doux et sonore, comme ceux des aimés que la vie exila.»
Dita est un rêve, un fantasme, une créature de photons qui se révèle dans le sel d'argent de nos larmes. Elle est un spectre qui apparaît au regard du photographe lorsqu'elle le décide puis disparaît aussitôt. Comme la citrouille du conte elle prend la forme de nos désirs et nous emmène au bal de Lucifer. Elle est une déesse païenne, un faucon maltais, une arlésienne. Immortelle parce qu'elle se cache dans les recoins de nos mémoires, égérie de notre douleur, muse de notre nostalgie de ce qui n'a jamais été. Doux tourment.

 

 

                                                                                           Philippe Lipcare